Le jeûne et l’activité sportive.

Pourquoi jeûner pour sa santé n’a jamais organisé des cures de « jeûne et activités sportives » ?

Faut-il bouger ou se reposer durant un jeûne ?

Est-il conseillé de courir à jeun ?

Ici les idées communément rencontrées :

Il est vrai que l’on dit qu’il faut bouger pour éliminer donc en s’activant durant un jeûne on devrait détoxiner plus ! Eh bien non pas vraiment. Comment cela peut-il s’expliquer ?

Les muscles fondent les premiers jours de jeûne, le corps se muscle par l’activité physique il faut  donc solliciter les muscles durant le jeûne pour garder sa musculature. Eh non ! une autre erreur communément partagée.

L’énergie vient de la nourriture, pour mieux courir il faut donc manger avant la course pour être plus fort ! Non encore ! courir le ventre vide est beaucoup plus facile, plus encore les intestins partiellement vide avant la course permet d’améliorer les performances et réduire les essoufflements éventuels.

Qu’est-ce que j’entends par « activités sportives » ?

De la marche à rythme soutenu, pendant plusieurs heures avec parfois des dénivelées. Du footing au delà de 40 minutes, de la natation soutenue pendant 40 minutes, une compétition de tennis durant plusieurs heures et sur plusieurs jours.

Ici les trois raisons pourquoi je ne fais pas de séjour de « jeûne et activités sportives » :

 

1 – La vitalité :

 

Comprendre la vitalité :

Définition de l’homéostasie  et du potentiel vital homéostasique:

« L’homéostasie, c’est le maintien à leur valeur normale des différentes constantes physiologiques de l’individu (température, tonus cardiovasculaire, composition du sang, etc…), L’homéostasie est réglée par le système nerveux végétatif et les glandes endocrines ». Selon le Garnier DELAMARE (Edition Maloine). Cette homéostasie dépend de la vitalité disponible dans l’organisme vivant. Ce potentiel de vitalité dont dépend l’Homéostasie pour réguler les grandes fonctions de la vie, Le Naturopathe Robert Masson l’a nommé : Potentiel Vital Homéostasique.

Nous avons tous en nous un « Budget » vitalité pour assurer les fonctions vitales du corps au même titre qu’un budget mensuel pour assurer nos besoins financiers. On peut en effet comparer cette vitalité à nos moyens financiers.

Chaque mois il nous faut X € pour payer notre loyer, Z € pour la nourriture, Y € pour les déplacements et si il en reste on pourra alors consacrer H € en loisir. Pour notre corps nous avons X pour maintenir notre corps à 37°, Z pour notre système immunitaire qui gère l’équilibre des bactéries et virus, Y pour notre appareil locomoteur, H pour le stress …Au même titre que si nous dépensons notre budget en loisir nous n’aurons pas assez pour payer le loyer. Et bien si nous dépensons toute notre vitalité dans l’excès alimentaire et le stress il n’y a plus suffisamment de vitalité pour le système immunitaire.

Avez-vous remarqué que fin décembre, début janvier les cabinets médicaux sont remplis de malades. Pourquoi il y a plus de personnes malades à cette période de l’année ? L’explication tout le monde la connait. Les excès de table des fêtes de fin d’année, le froid, le sommeil perturbé, le stress…

…Ces excès puisent le budget de vitalité et prive le système immunitaire de sa part. Le Système immunitaire ne recevant pas suffisamment de vitalité, s’affaiblit, baisse sa garde et permet aux bactéries et virus de se propager. On parlera alors d’épidémie microbienne. Imaginant alors des envahisseurs extérieurs de microbes. Néanmoins il s’agit bien de microbes latents qui sont présents dans notre système depuis toujours.

Le Potentiel Vital durant le jeûne :

Pendant un jeûne, la vitalité non utilisée pour la digestion sera disponible pour les émonctoires (foie, reins, intestins, poumons, peau, organe génital féminin). Néanmoins si cette vitalité est utilisée par l’appareil locomoteur pour le sport ou des randonnées intenses alors les émonctoires sont spoliés de leur part de budget vitalité. La détoxination par les organes est alors réduite.

 

Shelton qui a accompagné plus de 10 000 personnes au jeûne avait déjà fait l’observation suivante :

Si le jeûneur se repose, ses réserves durent plus longtemps que s’il est actif durant le jeûne. De meilleurs résultats sont obtenus par le jeûne si le repos est observé. Le travail, de longues marches, des exercices fatigants, etc., gaspillent les réserves du corps sans offrir aucun avantage en compensation. Shelton, le jeûne Page 72.

 

Vitalité durant un jeûne :

La communication à ce sujet induit les personnes en erreurs. Si certain ressentent un regain de vitalité après la crise curative du 3ième jour. Ce regain n’est  pas vécu pour la majorité des jeûneurs. Le regain de vitalité vient le plus souvent à la reprise alimentaire à condition de suivre les recommandations de la reprise.

Durant le jeûne le plus souvent le moindre geste coûte. Surtout le matin au réveil. Alors pourquoi disons-nous que le jeûne permet une meilleure vitalité ?  J’ai pour intuition que le corps ayant compris que nous sommes en jeûne, il s’économise pour permettre de durer plus longtemps et utiliser en priorité la vitalité aux émonctoires. Néanmoins si on fait l’effort des premiers mouvements alors doucement la vitalité arrive.

Pour d’autre il y a des moments de vitalité excessive (euphorie) suivi par des moments de fatigue profonde (coup de pompe). Il faut alors s’autoriser à suivre le rythme proposé par le corps et faire des siestes ponctuelles durant le jeûne. J’ai noté que cette vitalité est d’autant plus disponible que la personne à suivi un réglage alimentaire équilibré (crudités variées + un féculent + une protéine animale) entre les jeûnes.

Enfin, lorsque l’on jeûne, le corps se met en hibernation. Chaque geste nous coûte. Je me suis moi-même poussée à faire une randonnée en montagne un 5ième jours de jeûne. Cela a tellement puisé dans mes réserves de vitalité que j’ai mis trois jours pour m’en remettre.

 

2 – L’autolyse des  muscles durant un jeûne ?

Pour ce qui est des muscles. Ils sont en partie autolysés  le 2ième, 3ième jours de jeûne. Cette autolyse musculaire est limitée à partir du 4ième jour (4% de la masse globale autolysée). Sollicité un muscle en autolyse c’est comme de vouloir faire voler une chrysalide de papillon. En effet la nature nous le montre. La chenille lorsqu’elle devient Chrysalide elle s’autolyse. Pour cela elle reste immobile. Robert Masson parle de risque de dégénérescence musculaire à cause de cette pratique contre nature.

 

3 – Blessures intestinales lors d’un jeûne et sport intensif.

Lorsque l’on fait du sport intensif, nous provoquons une ischémie intestinale. Le sang des intestins est transféré aux muscles.  Cette ischémie provoque des blessures intestinales. Lorsque la personne mange ces ischémies et blessures sont rapidement réparées par la nourriture. Lorsqu’elle jeûne, il n’y a pas réparation et c’est la porte ouverte à des blessures intestinales qui peuvent à terme devenir des entérocolite ou maladies de Crohn. En effet, dans mes accompagnements j’ai eu un jeûneur avéré qui était fier d’avoir gagné une compétition sportive tout en jeûnant, il m’a contacté quelques mois après son exploit sportif pour m’informer qu’il avait de graves problèmes intestinaux. Si je ne connaissais pas l’effet et du jeûne et sport sur les intestins je n’aurais jamais fait le lien. Combien de personnes qui font du jeûne et du sport déclenchent des problèmes intestinaux sans comprendre l’origine du problème.

Robert Masson, Naturopathe, ancien enseignant en faculté de médecine, explique les dangers du jeûne et du sport dans son livre, Booster l’immunité accessible ici. Neuvième facteur de destruction immunitaire le Jeûne avec randonnée randonnée.

Quand faire du sport ?

Je recommande pleinement l’activité physique après un jeûne. Dès que des selles moulées se sont formées. Le corps étant détoxiné, on profite alors d’une belle vitalité qui peut soutenir des efforts musculaires prolongés. On peut alors profiter de ce gain d’énergie pour se muscler et solliciter le cardio. Le jeûne, la méditation suivie d’une alimentation équilibrée est une excellente préparation pour un marathon.

Faut-il faire un jeûne alité ?

Je ne recommande pas pour autant un jeûne alité. Des mouvements doux, des étirements en conscience, du Qi Gong,  des balades courtes et mesurées, des marches méditatives permettent de faire circuler les humeurs et de chauffer les psoas,  apaisant ainsi les douleurs du bas du dos. Douleurs liées à la détoxination qui affectent un jeûneur sur deux. Douleurs qui s’apaisent en chauffant le muscle soi par la chaleur d’une bouillote, rayons de soleil, massage ou autre pratique que nous enseignons à nos cures de jeûne.

Que pensez de courir à jeun.

Aussi contradictoire que cela puisse paraître je pense pourtant que pour gagner en efficacité c’est beaucoup mieux de courir le ventre vide. Mais là il ne s’agit pas d’un jeûne de plusieurs jours. Juste de courir le matin sans prendre le petit déjeuner ou de courir fin de matinée lorsque le petit déjeuner est digéré ou à 5 heures lorsque le déjeuner est digéré. Cela se comprend bien avec l’explication du vitalisme. Courir alors que nous sommes en digestion est beaucoup plus difficile et moins agréable que de courir alors que la digestion est passée.

On peut même potentialiser ses performances en courant à jeun et en réalisant un lavement du colon la veille de la course. Après la course, on remange normalement pour nourrir les muscles et la paroi intestinale qui est elle-même un muscle. J’ai moi-même expérimenté cette pratique plusieurs fois et pu constater de bien meilleures performances. Pour ceux qui ont peur de manquer de nutriments je rappelle que nous avons dans notre foie 24 heures de stocke de glucose et que le véritable jeûne ne commence qu’après 24 heures d’abstention totale de nourriture.

On peut aussi jeûner après l’exercice physique pour réduire les courbatures et les tendinites. Dans ce cas il faut manger le jour après l’exercice physique pour éviter les blessures intestinales. Puis jeûner le jour n°2. Jeûner 24 heures suffise pour éliminer les toxines liées à l’effort. On peut même envisager un jeûne un jour sur deux ou manger un repas par jour pendant les périodes d’exercice physique.