Thérapie naturelle pour le cerveau

Le jeûne permet d’augmenter la fabrication de neurones, excellente prévention des maladies d’Alzheimer, de Parkinson, de la dépression et des troubles mentaux.

Dans les année 50, en Russie, le Dr Nikolaïev s’est spécialisé dans l’accompagnement des personnes atteintes de troubles mentaux. Il obtient de très bons résultats avec le jeûne hydrique, soignant ainsi des personnes atteintes de dépression, de troubles psychiques ou de  schizophrénie. Voir ci-après notre articles sur le jeûne et le cerveau paru dans le biocontact de juillet 2016.

 

Une coupe verticale à travers le cerveau d’un patient atteint de la maladie d’Alzheimer, à gauche, par rapport à un cerveau normal, à droite. Photo : Alfred Pasieka / Science Photo Library

Témoignage :

Moi-même, Eric Gandon, je pratique le jeûne régulièrement et j’ai noté une nette amélioration de mon humeur mais aussi de celle des jeûneurs au bout du 4ème ou 5ème jour de jeûne. J’ai même remarqué qu’au 5ème jour de jeûne, je suis capable de retenir beaucoup plus facilement un numéro de téléphone sans l’écrire et sans trop d’effort. J’ai réalisé cela au moment de prendre mes messages téléphoniques.

En naturopathie on explique ce phénomène par le nettoyage des liquides du cerveau.

Il se peut qu’en réalité trois phénomènes se cumulent. D’une part moins de toxines dans les liquides du cerveau et donc une meilleure circulation de l’information entre les neurones, d’autre part une augmentation de la production des neurones, enfin les corps cétoniques qui « doperaient » les cellules du cerveau. En tout cas, les résultats sont là ! Lorsque l’on jeûne régulièrement, la mémoire s’améliore, de même que l’humeur. J’ai pu voir l’amélioration chez des personnes dépressives et bipolaires durant les accompagnements au jeûne.

Si vous regardez la vidéo de Serge Lemaille guérison de cancer, il parle d’un phénomène similaire pour lui « J’ai les mêmes bénéfices que si je prenais une drogue, sans avoir les effets secondaires de la drogue« .

Sur cette vidéo, Thierry de Lestrade mentionne des recherches faites par aux Etats Unis d’Amérique relatives aux bienfaits des corps cétoniques sur le cerveau. Avancez à la 23ème minute pour arriver à ce passage.

Pour information, lorsque l’on mange, notre cerveau se nourrit de glucose. Lorsque l’on jeûne le corps épuise sa réserve de glucose au bout de 24 heures. Le foie fabrique alors des corps cétoniques pour nourrir les cellules dont celles du cerveau. Ce sont ces corps cétoniques qui seraient favorables au bon fonctionnement du cerveau.

Ci-joint deux articles parus dans The Guardian reprenant l’explication du Docteur Sandrine Thuret. Ces articles s’appuient sur des données scientifiques :

1er article

Dans cette article traduit du Gardien, publié le 8 septembre 2013, Sandrine Thuret explique comment le jeûne agit sur la neurogénèse.

Photo: Karen Robinson

Sandrine Thuret :

« La recherche a montré que chez les personnes de plus de 70 ans, le jeûne intermittent a conduit à une amélioration de 30 % de la mémoire verbale après trois mois. »

La scientifique, le Dr Sandrine Thuret a travaillé comme spécialiste de l’alimentation investiguant une science « excitante mais pas si importante », comme la façon de garder des Froot Loops croquants dans le lait, avant de suivre une formation en neurosciences et en sciences du vieillissement. Elle combine maintenant ces intérêts dans son laboratoire à l’Institut de psychiatrie du King’s College de Londres, où elle étudie la façon dont les facteurs environnementaux, tels que l’alimentation, peuvent stimuler les cellules du cerveau et améliorer la mémoire.

ITW du Dr Sandrine Thuret

Que faites-vous pour garder votre cerveau jeune ?
Je mange un jour sur deux. En fait, nous sommes quelques uns dans le laboratoire à faire un jeûne intermittent… Normalement, un jour sur deux j’ai des journées plus chargées, plus longues, ça arrive généralement juste par accident, quand je n’ai pas le temps de déjeuner, et puis je rentre trop tard pour le dîner. Les autres jours je mange normalement.

Qu’advient-il de nos cellules cérébrales quand nous prenons de l’âge ?
Jusque dans les années 1990, on pensait que les adultes ne pouvaient pas générer de nouvelles cellules cérébrales, mais maintenant nous savons qu’il y a une petite zone dans le cerveau adulte appelée l’hippocampe qui est impliquée dans la mémoire et l’humeur, où, chez les adultes, nous pouvons produire de nouvelles cellules cérébrales. Ces cellules du cerveau, ou neurones, jouent un rôle très important dans l’apprentissage et la mémoire. A mesure que nous vieillissons, nous fabriquons de moins en moins de ces nouvelles cellules. Dans mon laboratoire, nous cherchons à comprendre comment elles se forment et comment nous pouvons promouvoir leur croissance, et nous avons constaté que le régime alimentaire et l’exercice ont tous deux un effet.

Quels sont les avantages d’avoir plus de ces nouvelles cellules du cerveau ?
Je pense vraiment que nous pourrions être en mesure de prévenir le déclin cognitif au cours du vieillissement par la neurogenèse – ce processus par lequel de nouveaux neurones sont produit dans l’hippocampe.

Et nous avons récemment découvert que la neurogenèse est impliquée dans la maladie d’Alzheimer. Nous pensons que si nous pouvons éviter la perte de nouveaux neurones dans l’hippocampe avant le début de la maladie, nous pourrions être en mesure de modifier ou de retarder son apparition.

Quels sont les actions qui font une différence ?
En raison de mon expérience en science des aliments, l’une des approches que j’ai dans mon laboratoire est de rechercher l’impact de l’alimentation sur la neurogenèse et comment cela aura un effet sur la mémoire. Un type de régime pour lequel nous avons fait une grande étude est le jeûne intermittent.

Alors, quel est l’effet du jeûne ?
Pour l’instant nous étudions la neurogenèse chez la souris, puis l’idée est de passer à des études sur l’humain. Il y avait déjà des études montrant que le fait de limiter les calories de façon spectaculaire va augmenter la neurogenèse chez la souris, mais nous ne savons pas si ce serait possible pour tout le monde dans la vie quotidienne.

Lorsque nous l’avons fait ici avec nos souris nous avons constaté qu’elles étaient vraiment gourmandes le lendemain et mangeaient presque le double – ainsi, en deux jours, nous limitions leur apport calorique de seulement 10 % – ce qui est très faible et réalisable pour n’importe qui. Et ce que nous avons trouvé c’est que l’effet n’est pas vraiment dû à la restriction calorique en soi, mais au fait qu’elles mangeaient un jour sur deux.

Combien immédiat est l’effet ?
Chez les souris qui ont une mauvaise capacité cognitive, elles peuvent jeûner de façon intermittente pendant trois mois et nous voyons des différences dans leur mémoire qui sont liées à la neurogenèse.

Il y a déjà eu des recherches montrant que chez les personnes de plus de 70 ans, le jeûne intermittent a conduit à une amélioration de 30 % de la mémoire verbale après trois mois, ce qui est tout à fait spectaculaire. Nous voulons maintenant savoir si cela était dû à la neurogenèse et nous avons l’intention de mener nos propres études sur des humains.

Pourquoi le jeûne a t-il cet effet sur le cerveau ?
Vous imposez un léger stress au cerveau, et il se pourrait que ce soit un résidu de l’époque où il n’y avait pas de nourriture – et nous avons dû augmenter notre nombre de neurones afin de chercher de la nourriture plus efficacement.

Beaucoup de gens actuellement jeûnent deux jours par semaine. Vous attendez-vous aux mêmes effets qu’avec un jeûne d’un jour sur deux ?
Si vous avez seulement un peu de nourriture chaque jour, cela ne va pas se produire, mais si vous imposez à votre cerveau ce stress modéré deux jours par semaine, il devrait y avoir certains bénéfices, absolument.

2ème article

Le jeûne peut aider à protéger contre les maladies du cerveau, disent des scientifiques.

Revendication que l’abandon de la quasi-totalité de la nourriture durant un ou deux jours par semaine peut contrecarrer l’impact de la maladie d’Alzheimer et de Parkinson.
Obie McKie, science editor
Le jeûne pendant des périodes régulières pourrait aider à protéger le cerveau contre les maladies dégénératives, selon des scientifiques américains.
The Observer, samedi 18 février 2012 20.36 GMT

Une coupe verticale à travers le cerveau d’un patient atteint de la maladie d’Alzheimer, à gauche, par rapport à un cerveau normal, à droite. Photo: Alfred Pasieka / Science Photo Library

Des chercheurs de l’Institut national sur le vieillissement de Baltimore ont dit qu’ils avaient trouvé des preuves qui montrent que les périodes d’arrêt quasi-total de prise de nourriture pendant un ou deux jours par semaine pourraient protéger le cerveau contre certains des pires effets de la maladie d’Alzheimer, de Parkinson et d’autres affections.
« Réduire votre consommation de calories pourrait aider votre cerveau, mais faire cela en divisant votre consommation d’aliments n’est pas susceptible d’être la meilleure méthode de déclenchement de cette protection. Il est probable qu’il soit préférable de faire des épisodes intermittents de jeûne, durant lesquels vous ne mangez presque rien du tout, et puis de faire des périodes où vous mangez autant que vous voulez« 
a déclaré le professeur Mark Mattson, directeur du laboratoire de l’Institut des neurosciences.
« En d’autres termes, le timing semble être un élément crucial de ce processus« 
a dit Mattson lors de la réunion annuelle de l’Association américaine pour l’avancement des sciences, à Vancouver.
Réduire la ration alimentaire quotidienne à environ 500 calories – ce qui équivaut à un peu plus de quelques légumes et un peu de thé – pendant deux jours sur sept a eu des effets clairement positifs dans leurs études, selon Mattson, qui est également professeur de neurosciences à l’University Johns Hopkins School of Medicine à Baltimore.
Les scientifiques savent depuis un certain temps que le régime hypocalorique est une recette pour une vie plus longue. Les rats et les souris élevés avec des quantités restreintes de nourriture augmentent leur durée de vie jusqu’à 40 %. Un effet similaire a été observé chez l’homme. Mais Mattson et son équipe ont été plus loin avec cette notion. Ils soutiennent que vous affamer peut parfois prévenir non seulement un mauvais état de santé et des décès prématurés, mais retarder l’apparition de conditions touchant le cerveau, y compris les accidents vasculaires cérébraux. « Nos expériences animales suggèrent clairement cela« , a déclaré Mattson.
Lui et ses collègues ont également travaillé sur un mécanisme spécifique par lequel la croissance des neurones dans le cerveau pourrait être influencée par une prise énergétique réduite. Les taux de deux produits chimiques de messagerie cellulaire sont amplifiés lorsque l’apport calorique est fortement réduit, dit Mattson. Ces messagers chimiques jouent un rôle important dans la stimulation de la croissance des neurones dans le cerveau, un processus qui contrecarre l’impact de la maladie d’Alzheimer et de Parkinson.
« Les cellules du cerveau sont mises en état de stress modéré qui est analogue à l’effet de l’exercice sur les cellules musculaires« 
dit Mattson. « L’effet global est bénéfique.« 
Ce modèle a été élaboré à partir d’études de jeûne sur les humains et l’impact résultant sur leur santé en général – même ceux souffrant d’asthme en ont retiré des bénéfices, a déclaré Mattson – et d’expériences sur l’impact sur le cerveau des animaux touchés par l’équivalent chez le rongeur de la maladie d’Alzheimer et de la maladie de Parkinson. Maintenant, l’équipe de Mattson se prépare à étudier l’impact du jeûne sur le cerveau en utilisant l’IRM et d’autres techniques.
Si ce dernier lien peut être établi, Mattson dit qu’une personne pourrait optimiser ses fonctions cérébrales en se soumettant à des épisodes de « restriction énergétique intermittente« . En d’autres termes, elle pourrait réduire sa consommation de nourriture au strict minimum deux jours par semaine, tout en se laissant aller durant les cinq autres.
« Nous avons constaté que, d’un point de vue psychologique ça marche très bien. Vous pouvez accepter de n’avoir presque rien à manger pendant un jour si vous savez que durant les cinq prochains jours, vous pouvez manger ce que vous voulez. » (en respectant un bon équilibre alimentaire).