19 mai 2019

21 jours de Jeûne pour soulager une polyarthrite rhumatoïde

Bouchra témoigne après 7 et 20 jours de jeûne dans cette vidéo. Elle souffre d’une polyarthrite rhumatoïde depuis l’âge de 13 ans, elle a eu suivie plusieurs lourds traitements aux médicaments. Après 4 jours de jeûne, elle commence à diminuer les doses de corticoïde. Elle nous explique comment elle a fait pour arrêter totalement les médicaments pendant son jeûne. Bouchra partage avec nous la différence entre le jeûne hydrique et le ramadan.

La semaine de jeûne de Bouchra.

Eric GANDON : « Comment ça va ? Une semaine de jeûne ? »

Bouchra : « Ça va très bien. Ça fait une semaine de jeûne aujourd’hui, je me sens plutôt bien. J’ai des petites douleurs, mais légères. »

La raison de ce jeûne hydrique.

Eric GANDON : « Dis-nous, pourquoi tu jeûnes ? »

Bouchra : « Je jeûne pour une polyarthrite rhumatoïde, que j’ai déclenchée à l’âge de 13 ans. Depuis mes 13 ans, c’est le parcours classique d’un polyarthrite-tique. Ma maladie a mis du temps à se déceler. Ce n’était pas une maladie connue. C’était connu pour des gens âgés, mais pour des adolescents, ce n’était pas la première maladie à laquelle on pensait. Ils ont mis du temps à le trouver. J’ai suivi le parcours classique, des médicaments, des anti-inflammatoires de type « kétopforène », tout ce genre de médicaments-là. Des médicaments qui protégeaient l’estomac, ils ne faisaient pas effet à la longue, car c’est néfaste pour l’estomac, et l’ensemble du corps. Quand j’étais plus âgé, j’ai eu des traitements un peu plus lourd, sous forme de sel d’or. Ce n’est pas très connu, ce sont des traitements qu’on ne donne plus trop maintenant. Mais je les ai eus. Derrière ça, j’ai eu du méthotrexate. »

Eric GANDON : « Combien de temps le méthotrexate ? »

Bouchra : « Plusieurs mois, mais je le coupais, car je le supportais très mal. Je suis quelqu’un de sportif, je n’aime pas trop les médicaments, j’étais très à l’écoute de mon corps, donc les effets secondaires, je les ressentais de façon très intense. Systématiquement, je gardais le traitement quelques mois, après j’arrêtais, je faisais une pause, car j’avais beaucoup de nausées, de migraines, un état de fatigue. Au final, j’étais presque aussi mal, qu’avec ma maladie. On a d’autres symptômes, d’autres complications, mais qui sont aussi embêtantes, voir plus embêtantes que la pathologie en elle-même. »

Ce que Bouchra pense de sa première semaine.

Eric GANDON : « Comment ça s’est passé ta première semaine ? »

Bouchra : « Ça s’est plutôt bien passé, dans la mesure où, là, on est en groupe. L’année dernière j’avais fait une semaine, toute seule. J’ai tenté, ça s’est bien passé, mais c’est vrai qu’avec la reprise, je n’étais pas encadrée, je n’étais pas si bien informé. Je n’ai pas eu une bonne reprise, à mon sens. C’est vrai qu’ici, le groupe, c’est une force. On m’a toujours dit que c’était important d’être en groupe. En fin de compte, le groupe, c’est quelque chose d’extraordinaire. Ce sont 2 béquilles, c’est comme ça que je l’ai vécue. J’ai eu une sensation de faim au démarrage, des migraines, mais ça n’a pas duré très longtemps. »

Des améliorations durant cette première semaine ?

Eric GANDON : « Et tes douleurs maintenant ? »

Bouchra : « Je me sens vraiment dans un état qui a fait que s’améliorer. Pendant la première semaine, les 2-3 premiers jours, c’était normal, mais les autres jours, c’était qu’avec des améliorations. J’avais toujours mes 5 mg de corticoïde que j’ai diminué tout récemment, juste hier soir en fait, j’ai pris seulement 2.5 mg. Là, maintenant, je suis à 2.5 mg au lieu de 5 mg. Hier soir, ce n’était pas terrible, mon corps sent le palier, ce n’est plus la même dose. »

Un prolongement du jeûne, une belle ambition.

Eric GANDON : « C’est pour ça que tu vas prolonger ? »

Bouchra : « Oui, je vais prolonger beaucoup. Je vais jeûner 21 jours, et j’espère tenir jusqu’à 26 jours. Je l’ai mis sur mon calendrier sur mon téléphone. Si j’arrête à 21 jours, je regretterais de ne pas aller plus loin, je pense. »

Un changement de prévu ?

Eric GANDON : « Il y a des choses que tu vas changer dans ton alimentation ? »

Bouchra : « Oui, tout à fait. Déjà, dans mon alimentation, j’étais sans gluten et sans glucose. Je fais des petits écarts, mais c’est vraiment espacé, ce n’est pas régulier. Je ne suis pas quelqu’un qui va manger de pâtisserie ou quoi que ce soit d’autres, mais je suis très salé. C’étaient des repas très copieux. Je dois réduire les quantités, mais aussi faire les associations alimentaires. Je n’avais pas idée que l’on ne pouvait pas mélanger ce qu’on voulait. C’est pour ça que j’ai bien aimé les cours de naturopathie. Un fruit après le repas, pour moi, c’était excellent, mais non. Je pense garder le fait de jeûner de façon intermittente, c’est-à-dire, prendre mon premier repas à 13 h et mon dernier repas à 20 h. A la longue, ça fait en sorte sur une espèce de continuité de ce que l’on a fait durant le stage, et ça permet de ne pas s’encrasser je pense. »

Une petite perte de poids, et un allègement de l’esprit.

Eric GANDON : « Tu as beaucoup minci ? »

Bouchra : « J’ai perdu 4 kilos 5. Je suis contente, ça ne me fait pas peur. On allège le corps, on allège l’esprit en même temps. Ça fait du bien. »

La différence entre le jeûne et le Ramadan de nos jours.

Eric GANDON : « Quelle serait la différence entre le jeûne que tu vis ici, et le jeûne que tu fais au Maroc ? »

Bouchra : « La pratique du Ramadan, c’est une pratique que je fais depuis toujours. La différence, si tu veux, le Ramadan, on s’abstient de boire et de manger, c’est un jeûne sec, sur toute la journée. Au coucher du soleil, on prend un repas. Normalement, selon la médecine prophétique et tous les préceptes de la religion, on doit faire un repas frugale. C’est-à-dire, quelques dattes, de l’eau, ça reste frugal. Ce qui est dommage, au Maroc, et comme dans tous les pays musulmans, les apports alimentaires sont très importants et très caloriques. Beaucoup de choses avec du miel, des repas trop riches. Il faudrait rectifier ça. Chacun avec sa famille, ses proches, il faut le changer. »

Eric GANDON : « Est-ce que tu crois que ça s’explique ? Certaines personnes le vivent comme une contrainte, et c’est mal compris en fait ? »

Bouchra : « C’est ça, c’est une espèce de privation. On doit se mettre à la place des gens qui n’ont pas à manger, ressentir ce que des personnes qui ont faim peuvent ressentir. Ça ne doit pas être vue comme une privation. Le soir, on se rattrape de façon pléthorique, il y a un deuxième repas qui est fait, juste avant le levé du soleil, des gens sont capables de manger des choses très riches, c’est la peur du manque. Ce n’est pas spécialement dû au Ramadan aujourd’hui, c’est la société qui fait qu’on est dans le remplissage. »

Trouver du plaisir en jeûnant, c’est possible ?

Eric GANDON : « Est-ce que tu as pu trouver du plaisir à jeûner ? »

Bouchra : « Tout à fait. J’ai trouvé un énorme plaisir dans la méditation avec le jeûne. Je suis sceptique par rapport à tout ça, mais j’ai trouvé un plaisir dans la méditation, vraiment, on sent qu’on a plus besoin d’autres choses. Ce côté autonomie avec moi-même, je n’ai pas besoin de manger, j’ai besoin de rien en fait, je suis seul avec moi-même. Je me centre, je me concentre sur mes pensées antérieures. C’est incroyable, car on y croit pas, mais ça fonctionne. J’ai eu du mal au début, c’est comme un sport, plus on le pratique, plus on sent qu’on est de plus en plus souple. Je rentre plus facilement en méditation. Merci Eric. »

20 jours de jeûne pour Bouchra.

Eric GANDON : « Combien de jours de jeûne ? »

Bouchra : « 20 jours de jeûne, aujourd’hui. »

Eric GANDON : « Tu as beaucoup minci ? »

Bouchra : « Je me suis allégé de 10 kilos, en 20 jours. Ça fait à peu près 500 grammes par jour. Les premières semaines, j’ai plus perdu que les dernières. »

Eric GANDON : « Tu faisais ça pour ? »

Bouchra : « Pour ma polyarthrite rhumatoïde. »

Des résultats au bout de 20 jours ?

Eric GANDON : « Tu as eu des résultats ? »

Bouchra : « J’ai eu des résultats, car ça m’a permis d’arrêter la cortisone. J’en prenais depuis pas mal d’années, mais là, je n’en prend plus du tout. J’ai encore quelques douleurs, mais elles sont vraiment allégées au 3/4. »

Eric GANDON : « Où avais-tu les douleurs ? »

Bouchra : « Dans les poignées, principalement. J’ai eu de la chance de ne pas les avoir dans les genoux ou les épaules. Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de mobilités. Evidemment que le jeûne y est pour beaucoup, on est d’accord, mais je compte sur cette période de jeûne pour favoriser l’équilibre alimentaire, de garder les bénéfices sur la continuité. »

Jeûner jusqu’à 26 jours, quel courage !

Eric GANDON : « Tu vas jeûner combien de temps ? »

Bouchra : « Je vais jeûner 26 jours. Je pense que demain, tout le monde aura le droit à la soupe, sauf moi. On est plusieurs à continuer. Sachant que c’est un cap, comme on a dit tous les deux, il y a encore du travail. »

Eric GANDON : « Comme tu disais, aujourd’hui au niveau des critères, au niveau du cœur, comment ça se passe en ce moment ? »

Bouchra : « Ce n’est pas toujours évident, car quand on jeûne, il y a beaucoup de choses qui s’améliorent, et on passe par des phases aiguës. Pour moi, ça a été la détoxination. J’ai de très fortes pulsations cardiaques, donc ça montre que j’ai encore du travail à faire. Je pense que c’est normal, car ça fait pas mal d’années que je prends des médicaments, l’alimentation, ce n’est pas forcément ça, même si je faisais attention au gluten, au glucose, ce n’est pas très compatible avec la pathologie que j’ai. On fait beaucoup d’erreurs sans s’en rendre compte, manger en grosse quantité, faire des associations qui sont néfastes. J’ai mangé pendant plusieurs années avec une pomme après, mais ce n’est pas forcément bien. Il faut faire attention au mélange que l’on associe. »

Les choses que Bouchra va changer.

Eric GANDON : « Quelles sont les choses que tu vas changer ? »

Bouchra : « Je vais manger beaucoup plus frugalement. Beaucoup plus léger. Je vais appliquer la triade. C’est vrai que je vais faire attention, à jeûner de façon intermittente, donc tous les lundis, toute la journée, et je pense jeûner tous les jours, prendre mon premier repas vers 13 h, et mon deuxième repas vers 19 h 30. »

Des retrouvailles plus qu’attendues.

Eric GANDON : « Tes enfants, ta famille, ça te manque. Tu vas bientôt les retrouver ? »

Bouchra : « Ils me manquent énormément, je les ai eues au téléphone, j’ai hâte de les retrouver. Je leur ai envoyé des photos, et ils sont très contents de me voir. J’ai des enfants en bas-âge. Ça fait 3 semaines que l’on ne sait pas vue, ils sont venus ici un petit peu. Ils sont venus de Casablanca jusqu’ici. L’essentiel, c’est qu’ils me voient heureuse. Le papa est pressé de me retrouver, il mesure l’ampleur de ce que c’est d’être maman. Entre le travail, les enfants, j’ai beaucoup de chances, car ils se sont tous sacrifiés pour moi, donc je leur dois cette future guérison. Merci Eric. »

 

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